WordPress 7.0

WordPress 7.0 : pourquoi demander aux utilisateurs de vérifier leurs plugins avant une mise à jour n'est plus acceptable !

L'arrivée de WordPress 7.0 est accompagnée, comme souvent, d'une recommandation que l'on retrouve dans de nombreux articles spécialisés :

« Vérifiez la compatibilité de vos thèmes et plugins avant de procéder à la mise à jour. »

Cette phrase est tellement répétée qu'elle semble aujourd'hui normale. Pourtant, lorsqu'on prend un peu de recul, elle révèle un problème fondamental dans la manière dont l'écosystème WordPress considère ses utilisateurs.

Une exigence technique imposée à des non-techniciens

La majorité des propriétaires de sites WordPress ne sont ni développeurs ni administrateurs système.

Ce sont des artisans, des commerçants, des associations, des indépendants, des auteurs ou des petites entreprises qui souhaitent simplement disposer d'un site web fonctionnel.

Lorsqu'une mise à jour majeure est annoncée, ces utilisateurs ne devraient pas avoir à se poser les questions suivantes :

  • Mon thème est-il compatible ?
  • Mon plugin de réservation va-t-il fonctionner ?
  • Mon système de paiement risque-t-il de tomber en panne ?
  • Dois-je effectuer une sauvegarde manuelle ?
  • Faut-il attendre plusieurs semaines avant d'installer la mise à jour ?

Dans n'importe quel autre secteur informatique grand public, ces interrogations seraient considérées comme anormales.

Imagine-t-on cela ailleurs ?

Personne n'accepterait qu'un constructeur automobile publie une mise à jour du système embarqué accompagnée du message :

« Vérifiez que votre volant, vos freins et votre tableau de bord sont compatibles avant l'installation. »

De même, lorsqu'un utilisateur met à jour son smartphone, il s'attend à ce que ses applications continuent de fonctionner.

Si certaines deviennent incompatibles, la responsabilité est généralement assumée par l'éditeur du système ou par des mécanismes de contrôle automatisés.

L'utilisateur n'a pas à jouer le rôle d'intégrateur informatique.

Le paradoxe du succès de WordPress

WordPress est devenu l'un des systèmes de gestion de contenu les plus utilisés au monde précisément parce qu'il a rendu la création de sites web accessible.

Mais à mesure que son écosystème s'est enrichi de dizaines de milliers de thèmes et de plugins, une partie de cette simplicité a disparu.

Aujourd'hui, il n'est pas rare qu'un site repose sur :

  • un thème premium ;
  • dix à vingt plugins ;
  • plusieurs extensions critiques pour le référencement ;
  • un module de sécurité ;
  • un système de cache ;
  • un constructeur de pages.

Dans ces conditions, chaque mise à jour majeure devient une source potentielle d'inquiétude.

Une responsabilité qui devrait être mieux assumée

Lorsqu'un produit atteint la taille et la maturité de WordPress, les utilisateurs sont en droit d'attendre davantage.

Plusieurs mécanismes pourraient être généralisés :

  • détection automatique des incompatibilités ;
  • blocage préventif des mises à jour risquées ;
  • environnement de test intégré ;
  • vérification réelle des extensions installées ;
  • système de retour arrière instantané en cas d'échec.

Certains hébergeurs proposent déjà une partie de ces fonctionnalités, preuve que le problème est techniquement soluble.

Le coût caché des mises à jour

Pour les professionnels du web, vérifier la compatibilité d'un site avant une mise à jour fait partie du métier.

Pour un utilisateur lambda, c'est tout autre chose.

Cette vérification représente :

  • du temps ;
  • du stress ;
  • un risque d'erreur ;
  • parfois des coûts supplémentaires lorsqu'il faut faire intervenir un prestataire.

L'utilisateur qui a choisi WordPress pour sa simplicité se retrouve alors confronté à des problématiques techniques qu'il ne devrait jamais avoir à gérer.

Un logiciel mature doit inspirer confiance

La véritable réussite d'un logiciel ne se mesure pas uniquement à son nombre de fonctionnalités.

Elle se mesure aussi à la confiance qu'il inspire.

Lorsque la première recommandation associée à une nouvelle version est de vérifier que tout ne va pas casser, cela envoie un signal contradictoire.

Un utilisateur ne devrait pas avoir peur d'appuyer sur le bouton « Mettre à jour ».

Il devrait pouvoir le faire avec la même sérénité que lorsqu'il met à jour son navigateur web, son smartphone ou son traitement de texte.

Conclusion

WordPress reste un outil remarquable qui a permis à des millions de personnes de créer et gérer leur présence en ligne.

Mais demander systématiquement aux utilisateurs de vérifier la compatibilité des thèmes et des plugins avant chaque mise à jour majeure montre les limites d'un modèle devenu extrêmement complexe.

Pour les développeurs, cette prudence est compréhensible.

Pour les utilisateurs finaux, elle ne devrait tout simplement plus être nécessaire.

La maturité d'un produit se mesure aussi à sa capacité à évoluer sans faire peser le risque sur ceux qui l'utilisent.

wordpress versus blogtheque